Ateliers artistiques en milieu pénitentiaire

Ateliers artistiques en milieu pénitentiaire

Centre de Détention de Salon en 2005, où nous avons mené des ateliers de théâtre auprès de 15 détenus : un travail d’improvisation à partir de poèmes de Rimbaud, Baudelaire et Victor Hugo qui avait donné lieu à la création d’un court métrage : « Les Pirates ».

Maison d’Arrêt des Baumettes à Marseille en 2007 et 2008, avec la société de production de films Lieux Fictifs, où nous avons mené des ateliers de théâtre-vidéo auprès de 8 détenus : un travail d’improvisation, de réflexion sur la mémoire à partir d’archives télévisuelles, et de tournage d’un film à partir du processus de ces deux systèmes de création collectives en corrélation (théâtre et vidéo): « Ce qui nous arrive ».
 
Maison d’Arrêt des Baumettes à Marseille en 2009 et 2010, avec encore une fois la société de production de films « Lieux Fictifs », où nous avons mené des ateliers de théâtre-vidéo auprès de 8 détenus : un travail de recherche et d’interprétation sur le texte de Bernard Marie Koltes « Dans la solitude des champs de cotons » pour une création commune sur la notion de l’échange entre les êtres, un travail avec 8 personnes en situation de détention mené en parallèle avec 8 personnes non détenues (projet DedansDehors) qui viennent rencontrer les personnes en Centre de Détention pour une mise en commun du travail, pour échanger, ouvrir la réflexion sur le projet et les thématiques abordées, jouer ensemble, vers le montage d’une installation vidéo, mémoire du travail commun. 
 
Riche de l’expérience de trois années, 2009 2010 2011, d’un partenariat européen Grundtvig (Programme pour l’éducation et la formation tout au long de la vie / soutien européen) pour une éducation informelle à travers des ateliers de  théâtre en milieu pénitentiaire dans les prisons européennes, un partenariat entre l’association Transformas à Barcelone (Espagne), l’association e.s.t.i.a Teatro Instabile à Milan (Italie), l’association Unter Wasser Flingen à Wuperthal (Allemagne), Lieux Fictifs et ALZHAR à Marseille (France) : des ateliers de création artistique ont été mené en parallèle par chacun des partenaires dans les prisons locales de Barcelone, Wuperthal, Marseille et Bollate, puis des rencontres entre les partenaires qui venaient conduire des workshop auprès des détenus dans les prisons européennes partenaires du projet, observer le travail mené sur place par les partenaires, réfléchir ensemble sur les problématiques communes liées aux interventions en milieu carcéral, échanger sur les modes de formation et création artistique en milieu pénitentiaire, sur les expériences et le parcours de chacun, sur l’avancée du travail.
 
Au cours du travail au Centre de Détention de Salon et à la maison d’arrêt des Baumettes, nous avons fait une fois par semaine un tour de table avec chacun des détenus-apprenants pour qu’ils verbalisent leurs liens au travail en cours et qu’ils conceptualisent le présent et l’avenir de notre projet commun. Il est apparu clairement, au fur et à mesure du parcours, que les personnes détenues en situation d’apprentissage prenaient la parole avec beaucoup plus d’aisance et de plaisir, avaient un accès à leurs émotions, à leurs imaginaires, à leurs créativités, de plus en plus développé et riche. Donc il a été évident, notamment, que le parcours fait avec la compagnie, où il était proposé un travail approfondi en théâtre, attention donnée à ses gestes, à l’expression de son corps, aux liens, écoute, échange avec l’autre, à sa voix, expérimentation de nouveaux modes d’expression, a apporté à chaque personne en situation de détention, d’abord une fidélisation à ce travail et ce parcours, une appropriation du projet, un investissement de sa personne dans un parcours commun, une maitrise de ses émotions et de son vécu, une ouverture d’esprit alimentée par le travail personnel et celui de grands auteurs. Guy, Michel, Christophe, Hamid, Jean-Noël, Dimitri, Sacha, Kamel, Saïd, Ghislain, Farouk, Antar, Alexandre…, nous ont régulièrement témoigné leur intérêt pour le travail et leur regard positif sur « L’espace de révélation »  (Kamel) que nous fabriquions tous ensemble.
 
Dans son actualité, Alzhar est en train de mettre en place un travail d'ateliers de pratique et de formation théâtrale vers une création radiophonique avec les détenus du centre de détention de Salon et de Tarascon. Deux structures assez gémellaires où va être entamé une création collective à partir de l'oeuvre d'Albert Camus, un espace de créations et d'expressions à travers les Justes, le Malentendu et Le Premier Homme d'Albert Camus. Cette expérience fait partis du projet global de la compagnie avec Camus, la méditerrannée et Marseille Provence 2013 Capitale de Culture.