Alzhar au Parvis des Arts

La compagnie Alzhar est accueillie au Parvis des Arts pour 4 représentations et 1 exposition, le tout en mars :

Au programme :

L’Ailleurs : 14 mars à 20H30 (billetterie)

Albert Camus, Le Premier Homme : 20 et 21 mars à 20h30 (billetterie)

Affaires et peines  : 27 et 28 mars à 20h30 (billetterie)

Ateliers Nord/Sud, nos histoires, et Camus  : 18 au 20 mars 

Exposition “Traces sur le chemin” : du 11 au 29 mars

 

Le Parvis des Arts :  8 rue du Pasteur Heuzé, 13003 Marseille

Leur programmation du 2nd semestre 2015 : http://www.parvisdesarts.org/2015/01/programmation-2nd-semestre-14-15.html

 

Mais comment continuer ?
Mais comment ?
Mais pourquoi ?
Pour qui ?
Et qui ? Qui sommes-nous, là, ceux qui croyions faire quelque chose ?
Et que faisions-nous ?
À qui parlions-nous ?
Et qui nous entendait ?
Qui nous entend ?
Et de quel droit prenions-nous la parole ?
Et pourquoi l'avons-nous ?
Pourquoi l'avions-nous ?
L'aurons-nous ?
Comment ?
Et quelle elle est ?
Comment ?
Comment parvenir, vraiment, à nous regarder en face ?
Comment nous regarder, tous, en face ?
Cesser ces mascarades revenchardes ou consensuelles, ou égotiques, ou insensées, comment ?
Qui aurait pu agir, empêcher ?
Qui agit vraiment ?
Qui est l'objet de quoi ?
De qui ?
La pensée est-elle vraiment scindée ?
Pour ou contre ?
Croyante ou incroyante ?
Avec ou sans ?
Vivante ou morte ?
Les corps meurent.
Sont morts.
Mais résonnent. Encore.
Les chocs. Les heurts.a
La masse des alarmes.
La lourdeur des annonces.
Pour toujours.
À présent.
Cela
S'entend.
S'y est dit là quelque chose de tous les fascismes.
De tous.
Visibles ou pas.
Exprimés ou pas.
Ils sont bien là.
Exprimés dans ces corps. Vivants. Et puis morts.
Alors cesser.
Cesser de penser.
Respecter ce silence.
Ce froid.
Ces absences.
Ces fracas.
Ces départs.
Se taire et penser.
Tenter.
Se taire.
Mais les outils modernes sont si modernes.
La pensée doit l'être.
Elle ne l'est pas.
Elle s'est exprimée.
Morte.
Ici et là.
Il faut la regarder dans son assassinat.
Ce sont des siècles qui furent assassinés là.
Voir cela. En pleine face.
Les dires. Les actions citoyennes. Les actes solidaires. Les spectacles. Ne suffisent plus. N'ont jamais suffit. Sans doute.
Il faut respecter ce deuil. Absolument. Et.
Il sera long.
Celui d'un temps.
Des corps en furent morts.
Et tous nos corps ont eu besoin de se respirer. De se sentir. De se toucher.
Des corps vivants.
L'aire d'après. À présent.
L'aire nouvelle.
Y résonnera sans cesse ces raffales, tuant nos essayants, nos rêves, nos erreurs, nos illusions.
Voici le temps d'une nouvelle complexité arrivé.
Les mots d'avant ne suffisent plus.
Il faut écouter les enfants. Les poètes. les accrobates. Les danseurs. Les cloches. Les humains blessés sous les côtes. Pour toujours.
Ecouter et laisser se faire une langue neuve qui petmettra, espérons-le, de penser ce massacre qui aurait dû avoir pû étre empêché.
Mais qui ne le fut pas.
Vingt morts miroirs de nos violences à tous immaîtrisées. Tàchons, pas à pas, de les voir, de les reconnaitre, et de les maîtriser. elles sont si laides. Elles se cachent partout.
Germes de fascismes ignorés et ppurtant sans appel.
Un enfant qu'on maltraite. Une origine culturelle qu'on tait. Une particularité dont on a honte. Une femme qu'on humilie. Un travailleur qu'on exploite. Un vieux qu'on laisse. Une gentillesse qu'on abuse. Une torture qu'on oublie. Un droit qu'on nie. Une sensibilité qu'on ignore.
Même infimes.
Oeufs du serpent.
On y voit toujours sa suite. Son développement.
On le connait.
Soignons sa source. Son démarrage. Soyons médecins de ces glissements terribles.
Et osons d'autres vies ensemble.
Autrement.
Dans un monde neuf.
C'est ce que les corps, souffrant dans le froid de l'hiver, se sont acharnés à dire.
Écoutons-les.
Et soyons enfin bons, généreux, cléments et non moqueurs, lumineux et non obsurs.
N'ayons plus peur de nos innocences. Soyons ensemble.
Vivants.
Complexes.
Silencieux.
Respectueux de ces tombes de temps passés.
Car la mort de corps de symboles d'un peuple vérifie un peuple.
Nous nous sommes vérifiés.
Mais ces morts laissent ce peuple en absence. Avec absence. Sans.
À présent un langage sans symbole serait-il à inventer ?
 
Les enfants savent. Sûrement. 
 
Nos trois spectacles, Camus-Le Premier Homme, Smadah-Affaires et Peines, Giorno, Blaime, Rober, De France, Césaire-Ailleurs,
 
Parlent et dansent les carrefours méditerranéens qui les occasionnèrent, et l'être-là l'être autre part,
 
À présent, réunis tous les trois, PORTE D'AIX À MARSEILLE, pour tout le mois de mars 2015. Et dire que ce fut prévu. Là, bien sûr, lls nous claquent d'autres sens.
 
Il suffisait de lire entre les lignes.
Tout était là.
Comme en bien des mots, des gestes, des oeuvres, probablement.
Tout était là.
Et nous n'avons rien fait.
 
Qui étaient ces hommes et ces femmes, victimes, à Paris ?
Qui étaient-ils ?
Et qu'est-ce que cela dit ?
 
Entendre à présent.
Entre les lignes.
Entre les mots.
Entre les corps.
 
Entendre jusqu'une façon assourdissante.
 
Et enfin. Rassembler. Rassembler ceux qu'on aime.
Tous ceux qu'on aime.
 
Et avancer dans ce nouveau monde. Tout doucement. Et ensemble tentet là. Comment continuer ? Comment commencer ? Comment re-commencer ? Comment.
Petit à petit. Délicatement. Tenter.
Attentivement.
 
Qu'a-t-on vu ? Les symboles morts de n'avoir sû montré qu'ils entendaient, peut-être ? Et. Les autres, morts de n'avoir sû continuer d'entendre et dire. Peut-être ?
 
Réapprenons, silencieusement, juste comme un souffle, doucement, puisqu'après avoir été sourds, il nous faut réapprendre, à écouter, à entendre, à faire, et à dire.
 
Alors, dans une nouvelle langue, commune, complexe, multiple, vivante.
 
Apprenons pas à pas.
 
C'est ce que nos spectacles, comme de minuscules goûttes d'eau, comme d'autres, parmi d'autres, comme de minuscules mots, faits, et gestes, de la vie quotidienne, disent et partagent aussi, c'est ce que nos spectacles essayent, c'est évident.
 
À présent nous le voyons.
 
Et puisque dans la vie, depuis.les 07 08 09 10 et 11 janvier 2015, chaque symbole renait, un foulatd questionné, accepté, une porte hésitée, ouverte, un regard interrogé, offert, une invitation bravée, acceptée, une embrassade échappée, reçue, 
 
La vie avance et les absents guident ces main à main de chaque instant
 
Qui font que peut-être, un jour,
 
Après les luttes horreurs là encore, cet enfant bastonné, cet enfant convoqué, cet enfant mal reçu, cet enfant mal entendu, mal compris, ces armes partout, achetées, vendues, volées, espérées, données, confiées, visées, usées.
 
Cesseront enfin. Et comment aider à cette fin de gestes malades ? Qui ne comprennent pas la vie ? Comment ?
 
Et après, enfin, après, on ne dira plus différent, ou handicap, ou autre, ou fou, ou pauvre, ou faible, ou ignorant, ou petit, ou gros, ou rouge, ou noir, ou laid, ou nul,
 
Mais juste
 
Mon frère.
Ma soeur.
Mon égal(e).
 
Et de nouveaux mots.
De la langue nouvelle.
 
Moderne. Multiple. Si moderne. Partout et de toutes les façons dans le même temps.
Moderne. Rigoureusement.
 
Alors peut-être ferons-nous enfin assez attention ?
 
À-l'autre-À-nous ?
 
Bons spectacles,
 
Merci infiniment,
 
Jeanne Poitevin
Alzhar
Février 2015,
Marseille

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