Quelques traces d'un chantier d'expérimentation théâtrale

Quelques traces d'un chantier d'expérimentation théâtrale

Ainsi du 14 au 16 août 2014, comme presque tous les étés, ALZHAR a retrouvé l'accueil exquis du conservatoire de La Ciotat, de son directeur qui connait si bien les artistes, et de sa secrétaire, qui permet toutes les magies.
Ici nous travaillons auprès de qui nous souhaite, et librement, ainsi que les directions de la culture de cette ville que nous aimons tant.
Ici nous avions démarré puis aboutit notre travail sur Albert Camus, démarré nos ateliers ciotadains, qui à présent font des petits films faits avec les jeunes gens des quartiers, avec les petits, et pour les petits, et cela sera visible à l'EDEN, premier cinéma du monde, au bord de la mer, ici, à La Ciotat, ce sera en septembre, ici nous avions tellement aimé et entendu de belles histoires de familles d'ouvriers des chantiers de la Ciotat. 
 
Revenir ici avec nos chantiers de lecture, improvisation, paroles, écritures, écoutes, chut, bruits et jeux sur l'EXIL c'est écouter l'appel des TROIS SECS, rochers de La Ciotat silencieux et bruyants, c'est aller avec les histoires des familles, et du travail, et du sud, et des villes du sud, et de la Provence, et des passages, que l'on se dit ici, aller avec, et plus loin, aller vers un spectacle à venir, pet-être, sans doute, peut-être, nous verrons bien.
 
Déjà furent lus, chantés, dits, joués, André Robèr et son RETOUR AU PAYS NATAL, Camus et son PREMIER HOMME, Herman HESSE et son LOUP DES STEPPES, les dictionnaires, les langages juridiques, St Exupéry, Huysmans, Tolstoï, Giorno, Luca, CHéreau, Blanc, et d'autres, et d'autres, et les mots de ceux qui étaient présents.  
 
 
 
Ces rendez-vous clandestins et publics, choisis et hasardeux vont se poursuivre une, deux saisons, jusqu'à ce qu'un spectacle s’écrive, nous l'espérons, presque tout seul, entre la jolie ville près de la mer et des grues, et Figuerolles et le Mugel, calanques à ne pas dévoiler, et qui ne se donnent qu'un peu, et avec beauté.
 
Cet atelier fut le troisième du nom, et un ensemble se dessine petit à petit, de présences et d'absences, chacun est là comme il peut, mais fait entendre le son de son histoire, de son envie, le son, le sien, ce qui, il nous semble, est important, en ces temps de dissonances faussement standardisées et faussement mondialisées, plutôt réellement agressives et de perte, et d'appels au secours, à entendre, alors, posément, peut-être, autrement. Il y avait eu Le Revest, puis Pastré, et voici la Ciotat. Où il semble que nous devons nous ancrer.
 
Il est question là de liberté, de sortir des épuisements institutionnels, des concurrences plus ou moins fallacieuses, des prouesses égotiques, des méandres connus ou pas, reconnus ou pas, pour n'être que dans la communauté, du spectacle, de l’improvisation, de l'écriture collective, de l'attention respectueuse. 
 
Étrange qu'un sujet comme l'EXIL permette tout ceci.
Merci infiniment de l'avoir permis.
 
Jeanne Poitevin
 
 
 
 
ET cela commença ainsi,
nous allions en campagne, justement loin des campagnes,
entre deux élections, trois élections, quatre élections,
loin des élections,
juste pour un travail artistique et communautaire,
en caravane, ensemble,
cela démarra donc là

et une parla de l'absurde, une de camus encore et toujours, une des exils en soi, une des exils dans une famille, une des arrachements de ses ancêtres, des terres ancestrales,
un de ses exils vaincus parmi les autres
un des exils des sons
un des sons de chacun
puis nous reprirent la caravane
il fallait, ce jour là
pour l'Europe, voter
 
 
 
 
 
 

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